​Et si le yaourt était le meilleur encas pour les enfants ?

Résumé
​Nutrition & Growth est l’un des événements les plus importants dans le secteur de la nutrition pédiatrique. La dernière édition a été l’occasion pour YINI d’aborder les problématiques actuelles des régimes alimentaires des enfants et de montrer en quoi la consommation régulière de yaourt pouvait améliorer leur santé.

Le symposium, présidé par Sharon Donovan (Université d’Illinois, États-Unis) et Olivier Goulet (Hôpital Necker-Enfants Malades, France), a fait l’objet d’un grand nombre de débats autour des présentations du professeur Luis Moreno (Université de Saragosse, Espagne), du professeur André Marette (Université Laval, Canada), du docteur Vicky Drapeau (Université Laval, Canada) et du docteur Julie Mennella (Monell Chemical Senses Center, États-Unis). Que faut-il en retenir ?

Ce qu’on a observé chez les adultes est également prouvé chez les enfants

Ces dernières années, une accumulation de preuves scientifiques a démontré que la consommation de yaourt était probablement la signature d'un mode de vie et d'un régime alimentaire sains chez les adultes. Et pourtant, on ne peut pas en dire autant des enfants, mais certaines études vont dans cette direction, selon les propres dires du professeur Luis Moreno. Les résultats de deux cohortes d’enfants âgés de 2 à 18 ans soulignent le fait que la consommation de yaourt est associée à de meilleurs apports nutritionnels et un plus grand respect des recommandations nutritionnelles. Des études récentes (HELENA et IDEFICS) associent également la consommation de yaourt à des taux plus élevés d’activité physique et à des activités sédentaires moins fréquentes (et en particulier, le fait de regarder un écran). Ces effets n’ont pas encore été observés pour d’autres produits laitiers, et ils tendent donc à confirmer des observations déjà constatées dans la population adulte.

Le yaourt, l’obésité et peut-être le diabète

Le surpoids et l'obésité touchent de plus en plus de gens, et cela concerne tant les adultes que les enfants. Chez ces derniers, l’obésité a quasiment doublé en quinze ans. Peut-on affirmer que les produits laitiers en sont en partie responsables ? En réalité, les études réalisées sur le sujet insistent davantage sur la protection que les produits laitiers apportent, a noté le professeur André Marette. La consommation de yaourt chez les enfants est associée à des IMC, des tours de taille et une graisse corporelle moindres. Pourtant, si l’influence positive du yaourt sur la prévention du diabète de type 2 est bien documentée pour les adultes et les personnes âgées, on manque actuellement de données concernant les enfants. Néanmoins, certains indicateurs soutiennent cette théorie : la consommation régulière de yaourt est associée à un taux plus favorable d'insuline plasmatique et à une meilleure insulinosensibilité, et donc à un risque réduit de résistance à l’insuline. D’après le professeur André Marette, cela fait du yaourt l’un des meilleurs encas pour les très jeunes enfants.

Le yaourt comme partie intégrante de stratégies d’intervention pour l’obésité infantile ?

Outre la prévention primaire, le yaourt est également susceptible d’aider la prévention secondaire de l’obésité. C’est ce que le docteur Vicky Drapeau étudie actuellement dans le cadre de sa bourse de recherche YINI. Les résultats définitifs de cette recherche sont prévus pour plus tard en 2017, mais le docteur Drapeau a déjà donné quelques indications préliminaires en avant-première. Celles-ci montrent que la consommation de yaourt est associée à un meilleur profil métabolique chez les enfants et les adolescents, et que cet effet protecteur est plus marqué en cas d’antécédents familiaux d’obésité. Ces résultats doivent être confirmés, mais ils indiquent que ce produit laitier peut déjà être considéré comme une potentielle piste d’intervention intéressante.

Pourquoi les enfants préfèrent-ils les saveurs sucrées et acidulées aux saveurs amères ?

Une préférence pour les saveurs sucrées (et étonnamment également pour les saveurs acidulées) chez les enfants, et une aversion pour l’amertume : il s’agit là d'une réflexion des besoins biologiques de base, d’après une recherche effectuée sur le sujet présentée par le docteur Julie Mennella. Les enfants naissent en effet avec une préférence marquée pour les saveurs sucrées. Cette préférence est plus forte que les adultes, mais disparaît à la fin de l’adolescence. Bien qu’il existe moins d’études consacrées aux saveurs acidulées, on peut observer les mêmes tendances : la réaction d’enfants à de telles saveurs est immédiate, dès la naissance, et les enfants ont également une préférence plus marquée pour les saveurs acidulées que les adultes. Le docteur Mennella a indiqué que ces préférences étaient susceptibles de nous jouer des tours dans le cadre de nos environnements alimentaires modernes, entraînant surtout une consommation excessive de sucre. C’est pourquoi il est essentiel d’éduquer aux goûts, au moyen d’aliments peu caloriques et contenant beaucoup de nutriments, tels que le yaourt, dès le plus jeune âge.

Conclusion

YINI Symposium “How yogurt could improve health in children” – 4e International Conference on Nutrition & Growth (Amsterdam, 2-4 mars 2017)