Prendre soin de son microbiote, ce n’est pas si difficile

Résumé
L’intestin humain héberge plus de 10.000 milliards de micro-organismes, qui constituent le microbiote intestinal. Il est établit que de nombreuses maladies sous-tendues par des mécanismes auto-immuns ou inflammatoires peuvent découler d’une altération qualitative et fonctionnelle de la flore intestinale. Les spécialistes sont formels: la meilleure façon de conserver un écosystème gastro-intestinal sain est d’avoir une alimentation équilibrée.

Ces bactéries commensales occupent des fonctions indispensables que le corps humain ne peut exercer, comme produire certaines vitamines, digérer des polysaccarides complexes, contribuer à la mise en place d’un système immunitaire mucosal efficace, ou encore produire des acides gras à chaîne courte. Composeé d’environ 150 espèces bactériennes différentes chez un adulte sain, le microbiote est spécifique à chaque individu et les grands groupes qui le composent sont stables dans le temps chez l’homme sain en l’absence de pathologies ou de perturbations externes (antibiotiques, hospitalisations…)(1).

 

De funestes altérations

On parle de dysbiose en cas d'altération qualitative et fonctionnelle de la flore intestinale. C’est une piste sérieuse pour comprendre l'origine de certaines maladies, notamment celles sous-tendues par des mécanismes auto-immuns ou inflammatoires, comme le diabète de type 2, l’obésité, le NASH (stéato-hépatique non alcoolique), les maladies inflammatoires de l’intestin, la polyarthrite rhumatoïde et même certains cancers et maladies neuropsychiatriques (2).

 

6 façons d’intervenir qui pourraient soigner une dysbiose 

1) Une alimentation favorisant le développement des bactéries bénéfiques pour le système digestif ou, à l’opposé

2) un traitement antibiotique ciblant les espèces néfastes impliquées dans la physiopathologie de la maladie;

3) l’apport par voie orale de probiotiques (des micro-organismes vivants, non pathogènes et démontrés comme bénéfiques pour la flore intestinale) ou

4) l’apport de prébiotiques (des composants alimentaires non digestibles, utiles à la croissance ou l'activité de certaines populations bactériennes intestinales), ou encore

5) les symbiotiques (combinent pré- et probiotiques);

6) dernière option: la transplantation fécale (2).

 

Des légumes, des aliments fermentés

Avoir une alimentation équilibrée est le meilleur conseil pour conserver un écosystème gastro-intestinal sain, telle est la conclusion des experts réunis à la 13e conférence européenne sur la nutrition (FENS 2019) (3). En particulier, Joël Doré (INRAE) a émis une recommandation ferme: il faut manger plus de légumes, plus régulièrement, et d’une plus grande diversité - certains d’entre eux contiennent des prébiotiques -, et consommer chaque jour des aliments fermentés, en particulier ceux contenant des probiotiques pour avoir un microbiote intestinal plus sain. Karine Clément (Pitié Salpêtrière) a enfoncé le clou: au-delà des fibres, une alimentation variée et un équilibre nutritionnel sont les clés d’un microbiote intestinal sain.

 

 

Références

  1. Lepage P. Correspondances en Métabolismes Hormones Diabètes et Nutrition 2015;19:145-8.
  2. https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/microbiote-intestinal-flore-intestinale
  3. https://www.gutmicrobiotaforhealth.com/fr/lalimentation-ideale-pour-une-bonne-sante-intestinale-nexiste-pas-pensez-alimentation-au-sens-large-et-non-pas-nutriments