L’hydratation pour la santé : données actuelles et orientations futures

Résumé
A l’occasion de l’édition 2021 de la conférence scientifique Hydration for Health ont été partagées les dernières recherches sur la science de l’hydratation. Différents experts se sont exprimés sur ce que l’on sait et sur ce qui est à venir dans ce champ de recherche.

Association entre consommation d’eau et composition du microbiote intestinal (Dr. Tiphaine Vanhaecke, PhD).

Alors qu’il est bien établi que notre alimentation impacte notre santé intestinale et notre microbiote, le lien entre l’eau consommée et la santé digestive est plus méconnu. Cependant, de récentes recherches menées en la matière suggèrent que la composition de l’eau impacte le microbiote intestinal. En effet, suivant son origine et le(s) traitement(s) qu’elle a subi(s), la composition de l’eau potable, notamment en minéraux, peut présenter de fortes variations. Les données disponibles chez l’Homme sont encore limitées mais dans une étude d’observation menée dans chez les populations Himalayennes, l’origine de l’eau potable (en provenance d’un ruisseau ou souterraine) s’est avéré être le facteur le plus fortement corrélé à la composition du microbiote intestinal. Une autre étude menée sur une cohorte au Royaume Uni suggère quant à elle une association entre composition bactérienne dans les fèces et composition de l’eau du robinet.

Bien que les recherches soient encore à leurs prémices, il s’agit de résultats prometteurs. Des données complémentaires sont nécessaires, car étant donné le rôle clé de l’hydratation dans notre alimentation, les implications pour la santé humaine pourraient être importantes.

 

Influence de l’hydratation sur la réponse immunitaire (Dr. Dorothée Chabas, PhD)

La réponse immunitaire de l’organisme vise à protéger le ‘soi’ du ‘non soi’. C’est une orchestration complexe dont de nombreuses composantes sont encore méconnues, mais qui repose sur la combinaison d’une réponse innée et d’une réponse adaptative. Notre système immunitaire s’appuie fortement sur les nutriments qui sont présents dans le sang. Or celui-ci est consommé à 90% d’eau. Cela veut-il dire que le statut hydrique peut impacter notre réponse immunitaire ? Une revue de la littérature réalisée par Dr. Chabas suggère que des conditions hypertoniques (quand la concentration en solutés à l’extérieur de la cellule est plus élevée qu’à l’intérieur), engendrées par un régime à forte teneur en sel par exemple, affectent les deux composantes de réponse immunitaire. A l’heure actuelle, les données sont trop peu importante pour tirer des conclusions claires quant à la nature exacte de ces relations, qui nécessitent d’être plus amplement étudiées.

 

L'eau dans le cadre d’un vieillissement sain (Prof. Evan Johnson, PhD)

Le vieillissement se définit comme l’ensemble des changements progressifs dans l’organisme conduisant à la faiblesse, à la maladie et à la mort. Il est prouvé que le vieillissement détériore la sensation de soif, ce qui conduit à boire moins: des résultats montrent une baisse significative de la consommation d’eau après 60 ans, bien en deçà des quantités recommandées. Mais la relation est également valable dans l’autre sens : dans la population vieillissante, une consommation d’eau insuffisante est associée à des altérations de la mémoire, de la régulation du glucose, des processus de signalisation cellulaire et de détérioration musculaire ; et à un risque accru d’accident vasculaire cérébral et de chute. Il est donc primordial de veiller à instaurer et maintenir une hydratation suffisante au cours de la vie, notamment en éduquant autour des recommandations, en encourageant l’activité physique et en favorisant l’accès à l’eau potable.