​Chaire Danone par Prof. Tremblay

Résumé
​En 2016, le Professeur Angelo Tremblay (PhD, Département de Kinésiologie de l’Université de Laval, Canada) a occupé la Chaire Universitaire de l’Institut Danone. Il y présentait à l’invitation du Professeur F. Leroy à la VUB (Bruxelles), une conférence intitulée « Yogurt : a long-standing food to help restrain modern disease », axée sur les effets de la consommation de yaourt sur l’obésité et ses conséquences métaboliques.

La consommation de yaourt peut contribuer à lutter contre la maladie cardiométabolique

Après avoir rappelé le fléau que constituait l’obésité, infantile et adulte, sur la santé publique, A.Tremblay a insisté sur l’évolution lente et régulière de tous les indicateurs de surpoids et d’obésité dans notre pays, et leur lien avec les données épidémiologiques cardiovasculaires, le diabète de type 2 en tête. « Il est évident que la croissance du diabète que nous connaissons est directement liée à l’épidémie d’obésité.» rappelait-il. Et que, si la cause de l’obésité est certainement multifactorielle, incluant la sédentarité, le sommeil, le stress, des facteurs environnementaux et génétiques, etc, c’est le déséquilibre entre apports et dépenses énergétiques qui persiste au centre du débat.

Consommation de produits laitiers et apports en calcium

« Depuis les années 80’, les chercheurs s’intéressent au lien entre la source de calcium représentée par les produits laitiers et les facteurs de risque cardiovasculaire.» explique le Pr. Tremblay. Des liens significatifs ont été montrés entre l’apport en calcium et la tension artérielle, le BMI (Body Mass Index), le tour de taille, la dyslipidémie ou la résistance à l’insuline. Les travaux remarquables de l’équipe du Professeur Zemel ont ensuite démontré l’effet d’une diète à teneur élevée en calcium apportée par la consommation de yaourt, sur la perte de poids et de masse grasse chez des sujets obèses. En diminuant l’adiposité abdominale, la consommation de yaourt permet de diminuer les facteurs de risque cardiométaboliques.

Le yaourt, une source de nutriments et de protéines qui rassasient

Des études réalisées chez l’homme montrent un effet clair de la consommation de yaourt sur la satiété, permettant de limiter son apport énergétique. « Une étude a montré un effet réducteur de la balance énergétique, en faveur de la dépense, de l’ajout d’un « snack » sous forme de yaourt riche en protéines au régime alimentaire. » illustrait le Pr. Tremblay

…et diminuent le risque d’obésité et de diabète

Des études de suivi de larges cohortes ont ainsi mis en évidence le lien entre la consommation de produits laitiers durant l’enfance et l’adolescence et le risque de diabète de type 2 (DT2) à l’âge adulte. Par contre, une méta-analyse américaine récente met en évidence une réduction de 18% du risque de DT2 associée à la consommation spécifique de yaourt, qu’on ne retrouve pas avec d’autres produits laitiers. De plus, les analyses de cohortes portant sur les liens entre les types d’aliments consommés et le poids corporel montrent que le yaourt se classe nettement parmi les aliments « bénéfiques » à la perte de poids.

Consommer du yaourt, c’est manger et vivre sainement

Les conclusions d’études observationnelles de cohortes menées partout dans le monde tendent à montrer que la consommation de yaourt est associée à un régime alimentaire équilibré et à un mode de vie sain :

  • Concernant la composition nutritionnelle : Les consommateurs de yaourt ont un apport plus élevé en nutriments clés, tels que les minéraux (calcium, potassium, magnésium, zinc), les vitamines (vitamines B2, B12, D) et les protéines, ainsi qu’un apport moindre en matières grasses totales et saturées, par rapport aux non-consommateurs de yaourt.
  • Concernant les comportements alimentaires : la consommation de yaourt est associée à un régime alimentaire de meilleure qualité.
  • Enfin, de récentes études montrent, selon Angelo Tremblay, que la consommation de yaourt pourrait être associée à un mode de vie plus sain. De fait, les consommateurs adultes de yaourt ont 40 % plus tendance à pratiquer une activité physique régulière (≥ 2 heures/semaine) et 30 % moins tendance à fumer que les non-consommateurs de yaourt. Les consommateurs de yaourt (≥ 4 fois/semaine) ont une meilleure connaissance du lien existant entre alimentation et santé que ceux qui n’en consomment pas.

Oui, mais quel yaourt ?

C’est sur une touche rassurante que le Pr.Tremblay a terminé son exposé en évoquant le dilemme auquel les producteurs de yaourt, et les consommateurs, étaient confrontés face au choix entre la satiété propice à la santé et le plaisir apporté par la consommation de yaourt. Il montrait en effet que la « palatabilité » du yaourt, à savoir son côté agréable au palais et au plaisir alimentaire, est augmentée par l’ajout de sucres (sous forme de miel, de fruits, etc) mais que ces sucres ajoutés n’augmentent pas significativement la glycémie post-prandiale ni l’apport énergétique. « Les yaourts les plus sucrés ne sont pas forcément ceux que l’on croit » rajoutait-il en faisant allusion à une étude française aux résultats étonnants. Ils montrent qu’en moyenne, les consommateurs ajoutent 13,6 grammes de sucre (tous ingrédients confondus) à leur yaourt nature, tandis que les yaourts déjà sucrés du commerce en contiennent 10,2 grammes. Enfin, cette étude a montré que les consommateurs sous-estiment de moitié la quantité de sucre qu’ils ajoutent à leur yaourt.

D’après la conférence du Pr Angelo Tremblay- Chaire Institut Danone VUB- 22 novembre 2016

  • Le professeur Angelo Tremblay est docteur en physiologie de l’Université Laval de Québec. Professeur au Département de kinésiologie, il s’est forgé une réputation internationale dans le domaine de la recherche sur l’obésité. Ses travaux de recherche sont principalement axés sur l’étude des facteurs influençant l’équilibre énergétique chez les humains et ont comme objectif d’améliorer le contrôle de l’obésité. Plus récemment, ses recherches ont porté sur l'étude des déterminants non traditionnels de l'obésité comme la courte durée de sommeil, la faible consommation de calcium et de produits laitiers, les comportements alimentaires à risque, l'effort cognitif exigeant ainsi que les polluants organiques persistants. Il a publié plus de 550 articles scientifiques et a reçu plusieurs prix, dont celui de conférencier émérite offert par le Réseau canadien de l'obésité en 2011. Il est de plus titulaire de la Chaire de recherche du Canada en environnement et bilan énergétique.

Conclusion

  • la consommation régulière de yaourt pouvait être considérée comme une signature d’habitudes alimentaires saines, bénéfique à la santé métabolique via la régulation de la balance énergétique, de la gestion du poids et de la glycémie